LA FERMETURE D’UN SITE D’ESSAIS SOVIETIQUE
Lois Ann Nicolai, avec Yuir Kuidin

Lois Ann Nicolai, des Etats-Unis, est une femme au foyer devenue activiste pour la paix, fondatrice de World Citizen Diplomates (Diplomates-Citoyens du Monde).

Son coauteur, Yuri Kuidin, du Kazakhstan, est un photographe professionnel qui a documenté l’héritage mortel des essais nucléaires par un texte et des photos réunis dans un album, « Kazakhstan Nuclear Tragedy » (La tragédie nucléaire du Kazakhstan ) et a aussi fait de nombreuses expositions-photos. Il est mort en juin 2000.

J’ai vécu la plupart de ma vie adulte en femme au foyer dans la région agricole entourant Saint Paul, en Indiana, où j’ai fondé un foyer et élevé mes cinq enfants. La politique était un domaine tout à fait étranger à mes préoccupations et je n’avais pas la moindre idée concernant les relations internationales. En 1991, je me retrouvai subitement à l’autre bout du monde, au Kazakhstan, à fêter la fermeture d’un site d’essais nucléaires. Comment en étais-je arrivée là ?

Ma vie avait commencé à changer en 1983. Le 8 août, ce fut la mort de mon mari. Deux semaines plus tard, le dernier de mes cinq enfants quittait le foyer pour la rentrée d’automne de l’université. En deux semaines je suis donc passée d’un mari et cinq enfants au foyer à… personne ! Quel changement, je me retrouvais subitement toute seule !

Après avoir aidé mes enfants à s’installer à l’université, je retournai dans mon New Jersey natal habiter avec mes parents, dans mon ancienne chambre, celle où j’ai grandi. Pendant deux ans, je me suis promenée tous les matins sur la plage à l’heure du lever de soleil, me posant sans cesse la grosse question : Que vais-je faire de la seconde moitié de ma vie ?

Lors du dîner d’anniversaire pour fêter mes 50 ans, j’annonçai à mes enfants ahuris que j’allais emménager dans une ville universitaire pour apprendre tout ce que je pourrais sur les relations internationales et les processus de paix. J’avais décidé d’apporter ma contribution à un monde meilleur et j’étais en fait allée frapper à des portes à Princeton, pour demander comment je pourrais m’instruire sur les affaires internationales. Le bureau des inscriptions universitaires m’avait conseillé de parler au professeur Richard Falk, qui me dit que Princeton était l’endroit où apprendre ce dont j’avais besoin !

J’ai donc fait mes valises pour aller étudier à Princeton et acquérir un peu des connaissances qu’un mariage précoce avait jusque là rendu inaccessibles. Comme des centaines et des milliers d’autres, j’aurais aimé faire quelque chose d’utile pour le monde