DROITS HUMAINS ET PAIX
Dalaï Lama

Le Dalaï Lama, guide spirituel et dirigeant politique du peuple tibétain, est un moine bouddhiste. Depuis l’occupation du Tibet par la Chine en 1959, le Dalaï Lama, entouré de 100.000 de ses compatriotes, a vécu en exil en Inde, menant une lutte non-violente de libération. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1989. (Pour plus de détails, voir www.dalailama.com et www.tibet.com)

Le souci répandu des droits humains est très encourageant. Non seulement offre-t-il à d’innombrables individus la perspective d’un soulagement de leur souffrance, mais il fournit aussi une indication du progrès et du chemin parcouru par l’humanité. L’inquiétude concernant les violations des droits humains et l’effort pour protéger ces droits rendent un service inestimable aux générations présentes et futures. A commencer par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme d’il y a 50 ans, les gens en sont venus partout à réaliser l’importance cruciale et la valeur des droits humains.

Je ne suis pas un expert dans le domaine des droits humains. Cependant, pour un moine bouddhiste comme moi, les droits de chacun des êtres humains sont très précieux et très importants. Lorsqu’ils sont respectés, nous avons une situation de paix. Selon les enseignements bouddhistes, chaque être humain a un esprit dont la nature fondamentale est essentiellement pure et non polluée par des distorsions mentales. Nous nous référons à cette nature comme à la semence de l’illumination. Vu sous cet angle, chaque être peut en fait atteindre à la perfection. Entre autres, puisque la nature de l’esprit est pure, nous croyons possible d’en faire disparaître tous les aspects négatifs. Lorsque notre attitude mentale est positive, les actions négatives du corps et du langage cessent automatiquement.

Parce que chaque être humain a ce potentiel, nous sommes tous égaux. Chacun a le droit d’être heureux et d’en finir avec la souffrance. Le Bouddha lui-même a dit que dans son ordre ni la race ni la classe sociale n’avaient d’importance. Ce qui est important, c’est une pratique de vie authentique en accord avec l’éthique. En tant que pratiquants bouddhistes, nous nous efforçons par-dessus tout d’améliorer notre conduite quotidienne. Ce n’est que sur cette base que nous pouvons commencer à développer les pratiques de l’apprentissage mental et de la sagesse. Dans ma pratique quotidienne de moine bouddhiste, j’ai beaucoup de règles à observer, mais leur thème commun essentiel est un souci et un respect profonds des droits d’autrui. Les vœux principaux observés par des moines et religieuses pleinement consacrés incluent celui de ne pas tuer d’autres êtres, de ne pas les voler, etc. Ces règles sont mues explicitement par un respect profond des droits d’autrui. C’est pourquoi je dépeins souvent ainsi l’essence du bouddhisme : si vous le pouvez, aidez d’autres êtres humains ; si vous ne le pouvez pas, au moins abstenez-vous de leur faire du tort. Ceci révèle un respect profond d’autrui, de la vie elle-même, et un souci du bien-être des autres.